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Lyon : Un festival du film documentaire "latino"

Dans de nombreux lieux culturels lyonnais, le festival documental est de retour. Du dimanche 18 au dimanche 25 mai prochain, cette deuxième manifestation consacrée au documentaire latino-américain est une véritable invitation au voyage et à la découverte d'un continent en pleine mutation.



L'Amérique latine en documentaires
La revue Espaces Latinos, publication en français consacrée aux sociétés et cultures de l'Amérique latine présente à Lyon, propose ce rendez-vous annuel de documentaires sur l’Amérique latine.
Découvrir, débattre, approfondir, le festival repose sur la conjonction de plusieurs éléments : projection de treize films documentaires en compétition, accompagnée de la rencontre avec un réalisateur ou un spécialiste et suivie d'une "Mostra" d’ouvrages de sciences humaines en français.
Et afin de donner un cadre décontracté à cette manifestation, les séances s'achèveront chaque soir par des concerts et des dégustations de spécialités latino-américaines.
Pour s'inscrire dans les activités qui seront proposées par le futur musée des Confluences à partir du printemps 2010, le festival souhaite donner un large éventail de la production récente des films documentaires latino-américains ainsi qu'un inventaire des parutions en français d'ouvrages de sciences humaines sur l'Amérique latine.


Des prix du documentaire
Deux prix seront décernés durant la compétition : le prix "Confluences", décerné par un jury présidé par le réalisateur Patricio Guzmán entouré de Mona Huerta, présidente du Réseau européen d’information et de documentation sur l’Amérique latine, Michel Perrin, ethnologue au Collège de France, Anne Proenza, journaliste à Courrier International et Jacques Gerstenkorn, professeur de cinéma à l’université Lumière Lyon II. L'autre prix sera celui du "Public", fruit du vote qui aura lieu à la fin de chaque séance.
Les huit jours de festival se dérouleront dans des lieux culturels lyonnais faciles d’accès : la Maison des Passages dans le 5e, la MJC Monplaisir dans le 8e, l'Amphithéâtre de l'Opéra de Lyon, le cinéma Le Zola à Villeurbanne et le cinéma Comoedia dans le 7e arrondissement.
Enfin, le site internet d' Espaces latinos proposera le programme de chaque jour, les informations pratiques et le synopsis de tous les films


Colombus : un forum de coopération Europe-Amérique latine

La première édition du Forum Euro -Latino Américain s’est tenue en octobre 2007 à Turin.


Deux cent quarante participants issus de 14 pays d’Europe et d’Amérique Latine avaient alors réfléchi sur le thème "Partenariat public - privé pour le développement régional par l’innovation ".
Une association baptisée Colombus a été créée pour poursuivre cette réflexion. L' objectif est de "partager des connaissances avancées", "amplifier les opportunités de coopération" et "mettre en commun des services spécialisés".
Plusieurs institutions dont la région Rhône-Alpes viennent d' adhérer à cette association qui devrait concrétiser son travail par le développement de projets de coopération entre les entreprises, les laboratoires de recherche et l’Amérique Latine. Au chili, les régions représentées sont celles d' Antofagasta et de Valparaiso.



De Lyon à Valparaiso : la presse à l' épreuve des gratuits

Il est intéressant de noter le paralèle entre l' évolution de la presse latinoaméricaine et celle des journaux européens. Sur les deux continents, le développement des journaux gratuits a mis en difficulté les journaux traditionels. Les grands groupes de presse, lents à manoeuvrer, ont mis du temps à réagir, mais finalement, aidés par les lois sur la propriété intellectuelle, ils sortiront renforcés de cette épreuve.
Aujourd' hui, en France, à quelques mois des élections présidentielles, c' est la presse dite "de gauche" Libération et Politis qui doit se restructurer. Des groupes comme "Le nouvel observateur" et "Le monde" se soutiennent mutuellement en prenant des participations croisées. Mais du côté de la presse régionale, l' anarchie règne : des villes commes Lyon sont couvertes par les gratuits distribués dans la rue : "direct soir", "20 minutes", des culturels comme "491" ou encore "métro" le bien nommé.
En Amérique latine, le groupe suédois (métro) est maintenant très bien implanté et des milliers de chiliens qui jusqu'ici ne lisaient pas de journaux ont droit à leur feuille d'information quotidienne.
Face à cette montée en puissance des journaux gratuits, la presse traditionelle a réagi différemment. Pour rester à Lyon, un quotidien historique comme "Le progrès" a dû se restructurer et, face à l'érosion de ses lecteurs, tente de concurrencer la presse gratuite sur son propre terrain en créant sans grand succès "Lyon plus". Mais la situation est telle que le groupe, qui a déjà dû se débarasser du magazine "Lyon capitale", enchaîne les plans de licenciements et envisage même de se revendre à des groupes étrangers. On dit même que seule une intervention de l' Elysée a pu empêcher la vente à un fonds d' investissement avant les élections présidentielles de 2007.
Au Chili, la Copesa, une entreprise liée à la droite conservatrice, qui monopolise la quasi totalité de la diffusion, a aussi essayé de contrer l' arrivée des gratuits comme "Métro" et "la Hora" par la création de titres concurrentiels. Des journaux historiques régionaux comme "El mercurio de Valparaiso" ne doivent leur salut qu' à la survente d' abonnements de complaisance dans les administrations et au quasi monopole de la publicité et des annonces légales que le gouvernement fait passer dans ce journal, au grand dam des rares journalistes indépendants, comme Raoul Guttierez, de Granvalparaiso.cl.
Le développement des journaux en ligne.
Reste la sortie par le haut, qui pouvait paraître jusqu'ici plus économique et plus écologique (par l'économie de papier et d' encre...) . Il s' agit du développement des journaux en ligne. Mais là encore, les groupes financiers veillent et on peut s' attendre à ce que l' évolution des technologies et l' enchérissement des logiciels et des droits de propriété intellectuelle (sur les photos ou la musique par exemple) empêchera le développement d'une presse libre et diversifiée et favorisera les rachats et regroupements. Il existe tout de même des initiatives indépendantes comme Elmostrador.cl ou Granvalparaiso, déjà cité, au Chili ou encore Lyonpeople.com ou Lyonmag.com pour revenir à Lyon. Mais, même si Lyonmag peut compter sur l' appui du multimillionnaire "anarchiste" Thierry Hermann (le créateur de la maison du chaos) ce genre d'initiative hors circuit a peu de chances de prospérer et sera vite contrée par les "éléphants" ultrafinancés par la publicité que sont par exemple Latercera.cl (groupe Copesa) au Chili ou parismatch.com (groupe Hachette).
Ceux qui pensent que le citoyen moyen sortira gagnant de cette débauche de médias se trompent lourdement car, loin de favoriser la diversité d'opinion, le recours aux mêmes agences de presse favorise les regroupements et à terme la disparition d'un métier autrefois tant vanté et aujourd' hui tant décrié, celui de journaliste.